sábado, 15 de mayo de 2010


Ce soir, j’aurais voulu vous raconter une histoire.

Pour ne pas avoir à vous parler de moi.

Mais je n’ai jamais été fan de fiction. Je n’ai jamais vu l’intérêt de lire l’histoire inventée d’une personne qui n’a jamais existé. Parlez-moi de vous, parlez-moi d'amour, de douleur ou de bonheur, mais que ça sente la sueur, le sang, les larmes, l'humain nom de Dieu et le vrai!

Quand je lis, quand j’écris, quand j’aime, quand je photographie, c’est pour me rapprocher de ce petit quelque chose que nous avons tous en commun et donc qui nous unit. C’est ma façon de me sentir appartenir à votre gang.

Et puis tout à coup je réalise que chaque personnage inventé d’histoires inventées est né de la nécessité de dire quelque chose… de personnel. De tellement personnel qu’on ne peut pas le cracher à moins de le débaptiser et le rendre méconnaissable. N’allez surtout pas croire que c’est de moi dont je parle. On veut nous tromper.

Et ça marche. La preuve, j’ai toujours cru que les histoires inventées ne servaient qu’à divertir ou faire rêver. Jusqu’à ce soir. Jusqu’à ce que je ressente moi aussi cette pudeur, ce besoin d’extérioriser quelque chose de moche, de triste ou d’un peu big, auquel je ne voulais pas être identifiée.

Ça prend une sacrée dose de courage (ou d’exhibitionnisme, je ne sais trop…), pour s’étaler sur la feuille comme on est. Pour s’allonger sur la page blanche dans toute notre nudité, les bras le long du corps et les yeux fermés. Pour dire je ne suis pas parfait, je ne vis pas dans un film Hollywoodien, je ne me réveille pas déjà coiffée et quand je pleure je grimace et je suis moche.

Ça demande de la confiance de s’abandonner. En nous surtout. C’est pareil avec l’écriture qu’avec l’amour.

Donc ce soir j’aurais voulu vous raconter l’histoire de la fille amoureuse, un peu insécure, un peu trop perfectionniste, décidément trop orgueilleuse et résolument trop sensible. L’histoire de la fille qui a été un peu tabassée dans un autre chapitre. Mais qui s’est relevée. Et qui ne veut surtout pas que l’histoire se répète. Parce que les cicatrices sont là. Et que les erreurs se vendent à un prix tellement exorbitant qu’on n’en redemande pas deux fois.

Je ne sais pas encore comment l’histoire se termine. J’avance doucement, je regarde en avant, je regarde en arrière, j’invente le reste au fur et à mesure, je dessine avec de nouvelles couleurs, je mets du brillant, je mets du piquant, beaucoup d’espace et de vent.

C’est tout ce que je peux faire.

viernes, 7 de mayo de 2010

Ma peau de serpent (Un vieux blog écrit il y a quelques mois que je n´avais pas osé publier...)

Il est 7:30 du soir. Je sors pour aller faire une course. La lumière est magnifique, elle rase les murs, illumine la poussière que mes pas soulèvent, me fait la peau orangée.

Je remarque aussi que la brise est douce.

Et puis comme ça je me dis que j’aurais envie d’expérimenter la liberté. Vous auriez pas envie de ça vous aussi? Juste laisser derrière nous notre vieille peau, la sentir glisser doucement, muer de tout ce qui nous retient prisonnier et nous fait sentir à l’étroit.

Je pensais à ça en achetant un cornet de crème glacée du style déjà tout empaqueté à la pharmacie… Je sais, c’est étrange d’acheter un cornet dans une pharmacie. Ben oui, au Mexique, on peut acheter un cornet dans une pharmacie, y’a pas de quoi en faire toute une histoire! ;) Je disais donc… en me penchant au-dessus de la vitre du congélateur pour choisir le fameux cornet, j’ai pensé à mon père.

À une certaine époque de mon adolescence, mes deux parents travaillaient de soir. La plupart du temps, c’était plutôt agréable, je faisais un peu tout ce que je voulais dans la maison ; je faisais cuire du riz au fromage, je mangeais du Nutella à la cuillère, je fouillais dans le garde-robe de ma grande sœur ou le coffre à bijoux de ma mère. Mais pour une raison qui échappe à mon souvenir, fut aussi une époque durant laquelle la solitude me pesait un peu plus. Donc j’attendais que mon père rentre (car il arrivait inévitablement le premier), « évachée » dans le divan du salon, à écouter les « Chambres en ville » ou « Entre chiens et loups », tout en remuant le rideau de temps en temps, au cas où j’apercevrais les phares de sa voiture. Et quand il rentrait, il arrivait inévitablement avec une « surprise »… Oui, vous l’aurez deviné, c’est là qu’entre en jeu le fameux cornet. Chaque soir, j’avais droit à une crème glacée du style toute empaquetée.

Cet après-midi, quand je suis sortie de la pharmacie avec mon cornet à la main, j’ai senti qu’il était une source de réconfort absolument sans égal. C’était comme voir arriver mon père tard le soir, m’asseoir dans le salon pour déguster ma surprise en entendant le son de nos 2 télés se chamailler. C’était comme ne plus me sentir seule… le temps d’un cornet.

Mais pourquoi je vous raconte tous ces trucs dans mon supposé blog de voyage? Elle est où la chronique mexicaine? Les photos de tacos? Le Mexique il est partout autour de moi, il façonne mes états d’âme, me met pleins d’images folles dans la tête… donc écrire tout ça, c’est ma façon toute personnelle de vous parler du Mexique.

sábado, 1 de mayo de 2010

Un texte sans image

Aujourd’hui j’ai une folle envie d’écrire. Comme chaque fois que je sors d’une intense période de rush, je découvre que la vie est pleine de vie. J’ai envie de faire des images, d’écrire, et si je savais jouer d’un instrument, je composerais assurément une bonne « toone »… j’ai envie d’ouvrir à tout ce qui se présente. Le temps dont j’ai été privée durant deux bonnes semaines s’étale à nouveau devant moi, comme un tapis de possibilités et de liberté. Coincé entre deux essais à rendre, ou aspiré par notre routine gluante, qui a donc le temps et l’espace nécessaire pour regarder à l’extérieur de la boite?... Pour faire, comme le dit si bien Christian Bobin, « au moins une fois ce qu'on ne fait jamais. Suivre, ne serait-ce qu'un jour, une heure, un autre chemin que celui où le caractère nous a mis. »

J’adore cette citation et je ne me la remémore décidément pas assez. Faire ce que je ne fais jamais? Ça pourrait vouloir dire lire le journal en sirotant un espresso, acheter des fleurs et les mettre dans ma chambre, sortir me balader juste pour le plaisir de marcher et de regarder autour de moi, me lever avec le soleil, écouter de la musique électro, appeler une vieille amie juste pour prendre de ses nouvelles, dire « Je t’aime » à mes parents, acheter un livre sur l’Histoire du Québec, m’intéresser à la politique, envoyer une carte postale à ma grand-mère.

Ou faire les choses que je ne fais plus?... Écouter une chanson en boucle durant une journée de temps, acheter un cd chez un disquaire, danser dans ma chambre, faire des muffins pour ma mère, attendre impatiemment qu’une vingtaine de jujubes se congèlent au fond de ma slush puppie…

Avec le temps on se perd et on se trouve à la fois. Certains souvenirs se couvrent d’ombre et certaines parties du chemin, passé et à venir, s’éclairent. On cesse de faire des choses qu’on adorait et on en découvre de nouvelles… Grandir sans perdre une partie de moi. Quand je travaillais au bar du Hilton, j’avais un client qui venait tous les weekends et qui pouvait me raconter sa vie comme sur une ligne du temps… « nous sommes partis le 01 janvier de 1973Je me souviens que le 08 juillet de l’année 1983…» Mes yeux posés sur une de ses photos jaunies, je me souviens m’être dit que j’aimerais avoir cette faculté de me souvenir de tout ce qui m’est arrivé de façon aussi claire et chronologique. Mais je n’ai jamais eu la mémoire des chiffres. J’aimerais faire une ligne du temps « pour les nuls », un panoramique de ma vie en images, d’aujourd’hui au jour X. Pour pouvoir le contempler de temps en temps, avec un œil de critique artistique du dimanche, tenter d’y voir un fil conducteur, extraire du sens. Aussi parce que ça pourrait être vachement joli.

J’ai craché ce texte debout devant mon ordi. Écrire assise, manger assise, étudier assise, écouter un film assise, rien de pire pour me donner la frousse de bouger, rien de tel pour m’empâter alors que le monde continue de tourner, de virevolter, de palpiter, d’évoluer, d’imaginer, de se réinventer. J’ai discuté un moment avec un de mes profs aujourd’hui, il m’a parlé de son « sueñotote » (grand rêve) et ça m’a drôlement inspiré de savoir qu’on était au moins 2 à en avoir encore.