
Ce soir, j’aurais voulu vous raconter une histoire.
Pour ne pas avoir à vous parler de moi.
Mais je n’ai jamais été fan de fiction. Je n’ai jamais vu l’intérêt de lire l’histoire inventée d’une personne qui n’a jamais existé. Parlez-moi de vous, parlez-moi d'amour, de douleur ou de bonheur, mais que ça sente la sueur, le sang, les larmes, l'humain nom de Dieu et le vrai!
Quand je lis, quand j’écris, quand j’aime, quand je photographie, c’est pour me rapprocher de ce petit quelque chose que nous avons tous en commun et donc qui nous unit. C’est ma façon de me sentir appartenir à votre gang.
Et puis tout à coup je réalise que chaque personnage inventé d’histoires inventées est né de la nécessité de dire quelque chose… de personnel. De tellement personnel qu’on ne peut pas le cracher à moins de le débaptiser et le rendre méconnaissable. N’allez surtout pas croire que c’est de moi dont je parle. On veut nous tromper.
Et ça marche. La preuve, j’ai toujours cru que les histoires inventées ne servaient qu’à divertir ou faire rêver. Jusqu’à ce soir. Jusqu’à ce que je ressente moi aussi cette pudeur, ce besoin d’extérioriser quelque chose de moche, de triste ou d’un peu big, auquel je ne voulais pas être identifiée.
Ça prend une sacrée dose de courage (ou d’exhibitionnisme, je ne sais trop…), pour s’étaler sur la feuille comme on est. Pour s’allonger sur la page blanche dans toute notre nudité, les bras le long du corps et les yeux fermés. Pour dire je ne suis pas parfait, je ne vis pas dans un film Hollywoodien, je ne me réveille pas déjà coiffée et quand je pleure je grimace et je suis moche.
Ça demande de la confiance de s’abandonner. En nous surtout. C’est pareil avec l’écriture qu’avec l’amour.
Donc ce soir j’aurais voulu vous raconter l’histoire de la fille amoureuse, un peu insécure, un peu trop perfectionniste, décidément trop orgueilleuse et résolument trop sensible. L’histoire de la fille qui a été un peu tabassée dans un autre chapitre. Mais qui s’est relevée. Et qui ne veut surtout pas que l’histoire se répète. Parce que les cicatrices sont là. Et que les erreurs se vendent à un prix tellement exorbitant qu’on n’en redemande pas deux fois.
Je ne sais pas encore comment l’histoire se termine. J’avance doucement, je regarde en avant, je regarde en arrière, j’invente le reste au fur et à mesure, je dessine avec de nouvelles couleurs, je mets du brillant, je mets du piquant, beaucoup d’espace et de vent.
C’est tout ce que je peux faire.
Quand je lis, quand j’écris, quand j’aime, quand je photographie, c’est pour me rapprocher de ce petit quelque chose que nous avons tous en commun et donc qui nous unit. C’est ma façon de me sentir appartenir à votre gang.
Et puis tout à coup je réalise que chaque personnage inventé d’histoires inventées est né de la nécessité de dire quelque chose… de personnel. De tellement personnel qu’on ne peut pas le cracher à moins de le débaptiser et le rendre méconnaissable. N’allez surtout pas croire que c’est de moi dont je parle. On veut nous tromper.
Et ça marche. La preuve, j’ai toujours cru que les histoires inventées ne servaient qu’à divertir ou faire rêver. Jusqu’à ce soir. Jusqu’à ce que je ressente moi aussi cette pudeur, ce besoin d’extérioriser quelque chose de moche, de triste ou d’un peu big, auquel je ne voulais pas être identifiée.
Ça prend une sacrée dose de courage (ou d’exhibitionnisme, je ne sais trop…), pour s’étaler sur la feuille comme on est. Pour s’allonger sur la page blanche dans toute notre nudité, les bras le long du corps et les yeux fermés. Pour dire je ne suis pas parfait, je ne vis pas dans un film Hollywoodien, je ne me réveille pas déjà coiffée et quand je pleure je grimace et je suis moche.
Ça demande de la confiance de s’abandonner. En nous surtout. C’est pareil avec l’écriture qu’avec l’amour.
Donc ce soir j’aurais voulu vous raconter l’histoire de la fille amoureuse, un peu insécure, un peu trop perfectionniste, décidément trop orgueilleuse et résolument trop sensible. L’histoire de la fille qui a été un peu tabassée dans un autre chapitre. Mais qui s’est relevée. Et qui ne veut surtout pas que l’histoire se répète. Parce que les cicatrices sont là. Et que les erreurs se vendent à un prix tellement exorbitant qu’on n’en redemande pas deux fois.
Je ne sais pas encore comment l’histoire se termine. J’avance doucement, je regarde en avant, je regarde en arrière, j’invente le reste au fur et à mesure, je dessine avec de nouvelles couleurs, je mets du brillant, je mets du piquant, beaucoup d’espace et de vent.
C’est tout ce que je peux faire.