lunes, 14 de junio de 2010


« Tout serait plus simple si on ne t'avait pas inculqué cette histoire d'arriver quelque part, si seulement on t'avait appris, plutôt, à être heureux, en restant immobile. Toutes ces histoires à propos de ton propre chemin. Trouver ton chemin. Suivre son chemin. Alors que si ça se trouve on est fait pour vivre sur une place, ou dans un jardin public, là sans bouger, à faire que la vie passe, si ça se trouve on est un carrefour (…) Les autres sont des routes, moi je suis une place, je ne mène à aucun endroit, je suis un endroit. »
-Lettres à un jeune poète-

Hier soir, j’ai rencontré une petite fille qui était un endroit. À la sortie du supermarché, la petite, accrochée à mon panier d’épicerie, m’a demandé si je voulais un taxi. J’ai répondu oui. Mais des taxis, avec cette pluie torrentielle, il n’y en avait pas. Son travail, c’est donc de se faire mouiller et de se faire geler à ta place, et de t’en dégoter un de taxi! Elle soufflait dans ses mains, donc je lui ai demandé si elle avait froid. Elle m’a fait signe que oui, en me tendant les mains. Je les ai mis dans les miennes et elle m’a souri. Depuis que j’étais là, elle n’avait pas arrêté de me sourire, toute dégoulinante de pluie, avec ses babouches inondées…


Et je me suis dit « comment tu arrives à faire ça »? Comment tu peux ne pas avoir envie de pleurer et d’aller te mettre à l’abri? Moi à sa place j’aurais eu envie de rentrer chez-moi et je n’aurais pas souri. Mais moi je ne suis pas un endroit. Pas encore.


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