sábado, 1 de mayo de 2010

Un texte sans image

Aujourd’hui j’ai une folle envie d’écrire. Comme chaque fois que je sors d’une intense période de rush, je découvre que la vie est pleine de vie. J’ai envie de faire des images, d’écrire, et si je savais jouer d’un instrument, je composerais assurément une bonne « toone »… j’ai envie d’ouvrir à tout ce qui se présente. Le temps dont j’ai été privée durant deux bonnes semaines s’étale à nouveau devant moi, comme un tapis de possibilités et de liberté. Coincé entre deux essais à rendre, ou aspiré par notre routine gluante, qui a donc le temps et l’espace nécessaire pour regarder à l’extérieur de la boite?... Pour faire, comme le dit si bien Christian Bobin, « au moins une fois ce qu'on ne fait jamais. Suivre, ne serait-ce qu'un jour, une heure, un autre chemin que celui où le caractère nous a mis. »

J’adore cette citation et je ne me la remémore décidément pas assez. Faire ce que je ne fais jamais? Ça pourrait vouloir dire lire le journal en sirotant un espresso, acheter des fleurs et les mettre dans ma chambre, sortir me balader juste pour le plaisir de marcher et de regarder autour de moi, me lever avec le soleil, écouter de la musique électro, appeler une vieille amie juste pour prendre de ses nouvelles, dire « Je t’aime » à mes parents, acheter un livre sur l’Histoire du Québec, m’intéresser à la politique, envoyer une carte postale à ma grand-mère.

Ou faire les choses que je ne fais plus?... Écouter une chanson en boucle durant une journée de temps, acheter un cd chez un disquaire, danser dans ma chambre, faire des muffins pour ma mère, attendre impatiemment qu’une vingtaine de jujubes se congèlent au fond de ma slush puppie…

Avec le temps on se perd et on se trouve à la fois. Certains souvenirs se couvrent d’ombre et certaines parties du chemin, passé et à venir, s’éclairent. On cesse de faire des choses qu’on adorait et on en découvre de nouvelles… Grandir sans perdre une partie de moi. Quand je travaillais au bar du Hilton, j’avais un client qui venait tous les weekends et qui pouvait me raconter sa vie comme sur une ligne du temps… « nous sommes partis le 01 janvier de 1973Je me souviens que le 08 juillet de l’année 1983…» Mes yeux posés sur une de ses photos jaunies, je me souviens m’être dit que j’aimerais avoir cette faculté de me souvenir de tout ce qui m’est arrivé de façon aussi claire et chronologique. Mais je n’ai jamais eu la mémoire des chiffres. J’aimerais faire une ligne du temps « pour les nuls », un panoramique de ma vie en images, d’aujourd’hui au jour X. Pour pouvoir le contempler de temps en temps, avec un œil de critique artistique du dimanche, tenter d’y voir un fil conducteur, extraire du sens. Aussi parce que ça pourrait être vachement joli.

J’ai craché ce texte debout devant mon ordi. Écrire assise, manger assise, étudier assise, écouter un film assise, rien de pire pour me donner la frousse de bouger, rien de tel pour m’empâter alors que le monde continue de tourner, de virevolter, de palpiter, d’évoluer, d’imaginer, de se réinventer. J’ai discuté un moment avec un de mes profs aujourd’hui, il m’a parlé de son « sueñotote » (grand rêve) et ça m’a drôlement inspiré de savoir qu’on était au moins 2 à en avoir encore.

2 comentarios:

  1. TU FAISAIS GELER DES JUJUBES DANS LE FOND DE TA SLUSH????????????
    Anita, je ne trouve pas de mots aussi beaux que les tiens pour te dire que tu écris vraiment très très bien....... il y en a peuvent facilement nous raconter leurs anecdotes de leur soirée du 08 juillet 1993, photos jaunies à l'appui, et d'autres qui savent nous faire arrêter un moment, laisser de côté un instant nos listes de choses à faire et nos soucis quotidiens, pour savourer chacun des mots qui décrit une émotion, une pensée, un souvenir, comme toi, Annie Bérubé. J'espère que ta carrière de blogueuse ne fait que commencer, parce que tu as du talent ma p'tite fille..... xx Sasseville

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  2. Merci Sasseville, ma fan de blog #1. À mon tour, je ne trouve pas les mots pour te dire à quel point tes mots me font plaisir. Donc je vais dire simplement, merci beaucoup mon amie, c'est trop gentil. :)

    P.S. Oui, je faisais ça avec mes jujubes. Dès mon retour au Québec, j'ai bien l'intention de réitérer, parce qu'au Mexique y'a bien des merveilles, mais pas de slush puppie...

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